Comment remplacer les lacets d’une chaussure ?

Par Laure Dupont · juillet 27, 2026 · 8 min de lecture
mains nouant un nouveau lacet sur chaussure

Pourquoi remplacer ses lacets plutôt que de les subir

Un lacet usé, effiloché ou simplement décoloré change radicalement la perception d’une chaussure. Une paire entretenue jusqu’au bout de la semelle peut être trahie par un lacet négligé. Pourtant, le remplacement d’un lacet reste l’un des gestes les plus sous-estimés de l’entretien chaussant. Il ne s’agit pas d’un détail cosmétique : un lacet en mauvais état modifie la tension autour du pied, fragilise le serrage, et peut même altérer la posture de marche sur le long terme.

Ce guide ne se contente pas de vous dire comment enfiler un lacet dans un œillet. Il vous donne les clés pour choisir le bon lacet, comprendre la logique du laçage, et réaliser le remplacement avec méthode, quelle que soit la chaussure concernée. Car remplacer ses lacets correctement, c’est aussi prolonger la vie de la chaussure elle-même.

Choisir le bon lacet avant même de toucher à la chaussure

La longueur, une variable que l’on sous-estime toujours

La première erreur commise lors d’un remplacement de lacet est de choisir une longueur au hasard ou « à vue ». La longueur d’un lacet dépend directement du nombre de paires d’oeillets et de la largeur du chaussant. Une chaussure à six paires d’oeillets nécessite généralement un lacet de 90 à 100 cm, tandis qu’une bottine à dix paires demande plutôt 150 à 160 cm. Une chaussure large ou montante exige toujours quelques centimètres supplémentaires par rapport à une chaussure étroite.

La méthode la plus fiable reste de mesurer l’ancien lacet avant de le jeter, à plat, sans le tendre. Si ce n’est plus possible, on peut compter les oeillets, noter si le laçage est croisé ou droit, et consulter les tableaux de correspondance proposés par les fabricants sérieux.

La matière, un choix qui engage la durabilité

Les lacets en coton tressé restent les plus courants. Ils conviennent aux chaussures casual, aux sneakers vintage et à la plupart des chaussures de ville légères. Les lacets en polyester ou en nylon offrent une meilleure résistance à l’humidité et à l’abrasion, ce qui les rend pertinents pour les chaussures de randonnée, de trail ou les modèles portés par temps de pluie. Les lacets en cuir ou en daim, plus rares, s’adressent aux chaussures habillées ou aux derby de qualité : ils apportent une cohérence esthétique mais demandent un entretien spécifique.

Le choix de la matière n’est donc pas qu’une affaire de style. Un lacet inadapté à l’usage se détériorera plus vite, absorbera davantage la saleté, ou perdra sa tension prématurément. Mieux vaut prendre le temps de ce choix en amont.

La section et la texture, pour le serrage et l’accroche

Un lacet rond convient mieux aux chaussures de sport et de randonnée dont les oeillets sont circulaires et profonds. Un lacet plat s’intègre mieux dans les oeillets cousus à plat des chaussures de ville ou des sneakers bas de gamme. La texture de surface joue également un rôle concret : un lacet trop lisse aura tendance à se dénouer plus facilement, là où un lacet légèrement texturé ou tressé tient le noeud avec plus de fermeté.

Retirer l’ancien lacet sans abîmer la chaussure

Commencer par le bon bout

On commence toujours par l’oeillet du haut, en défaisant le noeud en premier lieu, puis en faisant coulisser le lacet oeillet par oeillet vers le bas. Ne jamais tirer brutalement d’un seul côté : cela exerce une traction asymétrique sur les oeillets, qui peut, à la longue, déformer le montage ou arracher les oeillets sertis sur les matières fines.

Sur les chaussures en cuir de qualité, les oeillets sont souvent bordés d’un anneau métallique serti dans la tige. Ce métal peut être tranchant côté interne. Un lacet retiré trop rapidement peut effleurer et rayer la doublure intérieure, surtout si le lacet est rigide ou possède un aglet abîmé.

Nettoyer le tunnel de laçage avant d’insérer le nouveau lacet

Le remplacement d’un lacet est l’occasion idéale de nettoyer les zones que l’on n’atteint jamais autrement. Les oeillets accumulent de la poussière, des résidus de semelle intérieure et parfois de la rouille légère sur leurs bords métalliques. Un coton-tige légèrement humide suffit à nettoyer chaque oeillet, à condition de laisser sécher quelques minutes avant d’insérer le nouveau lacet. Sur une chaussure habillée, ce nettoyage minutieux change visuellement le résultat final.

Insérer et lacer avec méthode

Le laçage croisé classique, base universelle

Le laçage croisé est le point de départ de tout le reste. On insère les deux extrémités du lacet dans la première paire d’oeillets en bas, les aglets vers le haut, en veillant à ce que les deux côtés soient de longueur égale. Chaque passage se fait de bas en haut à l’intérieur, et de haut en bas à l’extérieur, en alternant gauche et droite. Cette logique assure une tension régulière sur toute la hauteur du chaussant.

Une erreur fréquente consiste à placer les extrémités initiales en surface plutôt qu’en dessous de la languette. Cela crée une bosse inconfortable sous le pied, particulièrement sensible à l’avant-pied lors de la marche.

Le laçage droit, pour les pieds sensibles et les chaussures habillées

Le laçage droit, aussi appelé laçage parallèle, est apprécié pour son esthétique sobre sur les chaussures de ville. Il présente aussi un avantage fonctionnel : il exerce une pression plus uniforme sur le dessus du pied, ce qui convient aux personnes souffrant de sensibilités sur le cou-de-pied. Le principe est simple : le lacet passe horizontalement d’un oeillet à l’autre sans se croiser en surface, les croisements s’effectuant à l’intérieur de la chaussure.

Ce laçage demande un peu plus de patience lors de l’insertion, mais son rendu final justifie l’effort, notamment sur un derby ou un richelieu de belle facture.

Ajuster la tension oeillet par oeillet

Une fois le lacet entièrement passé, on ne noue pas immédiatement. On reprend chaque section en pinçant délicatement le lacet entre deux oeillets pour harmoniser la tension. La chaussure doit envelopper le pied sans pincer, avec une répartition équilibrée de la pression du bas vers le haut. Un lacet trop serré en bas et lâche en haut laisse le pied flotter à chaque foulée ; l’inverse provoque une compression douloureuse sur le cou-de-pied.

Nouer, entretenir et prolonger la durée de vie du lacet

Le noeud qui ne se défait pas

Le noeud classique en boucle se défait au fil de la journée sur les lacets lisses ou synthétiques. Le double noeud plat résout ce problème durablement : on réalise le noeud de base, puis on recommence le même geste une seconde fois avant de tirer les boucles. Ce noeud est plus compact, moins encombrant que le double noeud en boucle, et il se défait facilement d’une seule traction sur les deux extrémités libres.

Pour les chaussures de randonnée ou de sport à effort prolongé, certains pratiquants utilisent le noeud de Ian, dont la géométrie symétrique assure une tenue remarquable sans serrer davantage. Le choix du noeud est une décision aussi sérieuse que le choix du lacet lui-même, surtout pour les activités physiques.

Entretenir ses lacets pour ne pas recommencer trop tôt

Un lacet en coton peut être lavé à la main avec un savon doux, rincé à l’eau froide et séché à plat, loin d’une source de chaleur directe qui le rigidifierait. Les lacets en polyester supportent un passage en machine dans un filet fermé, à basse température. L’aglet, cette embout rigide à chaque extrémité, est souvent la première partie à se dégrader. Lorsqu’il s’effile, on peut provisoirement le reconstituer avec un peu de colle cyanoacrylate, mais le remplacement du lacet reste la meilleure solution à terme.

Stocker ses lacets de rechange à plat, enroulés sans tension dans un tiroir sec, évite qu’ils se déforment avant même leur premier usage. Avoir une paire de lacets de rechange pour chaque chaussure que l’on porte régulièrement est une habitude simple qui évite bien des situations inconfortables. Un lacet cassé au mauvais moment, loin de chez soi, reste une expérience assez commune pour mériter cette précaution élémentaire.

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